writer writes a fountain pen on paper work

Les écrivains en herbe!

Nos élèves ont du talent!

 

Z-459

 

 

Un récit de Elise Morchain

 

 

 

“Voici deux jours que je suis revenue de mon expédition spatiale sur Z-459, cette magnifique planète habitable aussi grande que notre Terre. Je me souviens malheureusement de chaque détail du jour de l’embarquement dans le galaxiebus, ce gigantesque vaisseau qui peut transporter plus de deux mille personnes.

 

          Nous étions le 05 mai de l’an 3009, les terroristes avaient conquis toute l’Afrique et l’Océanie, le monde n’était que chaos et panique, la terreur envahissait les gens. Ces terroristes avaient pour mission d’exterminer chaque catholique de la surface de la Terre.

 

          C’est alors que l’O. S. P. M., Organisation Secrète de Protection Mondiale, avait imaginé et construit le galaxiebus qui pourrait emmener quelques catholiques sur Z-459, une nouvelle planète que les scientifiques avaient jugée habitable. Mais, un nombre restreint de personnes pouvait partir. C’est alors que l’Europe et l’Amérique du Nord, les deux continents les plus touchés par cette guerre, organisèrent une loterie, toutes les semaines, un ticket d’or serait gagné et donnerait droit pour la personne choisie à quatre places dans le vaisseau.

 

          Il ne restait plus qu’une journée avant l’embarquement donc une infime chance de remporter le ticket mais ma mère alla jouer ce soir-là : quelques minutes plus tard, nous apprîmes qu’elle avait réussi le premier test d’intelligence nécessaire puisqu’elle avait inscrit les bons numéros sur la fiche.

          J’étais ravie, je n’avais plus à m’inquiéter ; la semaine suivante, je serais avec mon frère et mes parents sur cette nouvelle planète.

 

          Nous ne devions surtout pas être en retard pour le décollage. La sécurité fouillait chaque personne et vérifiait chaque ticket ainsi que le nombre d’accompagnants. Des personnes essayaient d’enfreindre la loi mais étaient également arrêtées et emprisonnées, même les enfants, d’autres pleuraient leurs proches qui partaient, j’étais triste et avais beaucoup de peine pour eux. C’est alors que nous passâmes à la fameuse vérification. […]

         

           Le voyage s’était bien passé, nous avions atterri sur Z-459, nous descendîmes du vaisseau sur une immense plaine verdoyante et fleurie ; les fleurs étaient parfumées et l’air frais. La température était agréable et nous vîmes au loin notre Terre.

 

          Cette planète était particulière car nous pouvions observer tout le système solaire ; le soir, les étoiles étaient très proches de nous. Nous fîmes connaissance avec les autres familles, nous dormions dans des tentes magiques, c’était Mr Finnegan, un inventeur, qui les avait conçues. D’aspect extérieur, nous avions l’impression qu’on ne pouvait mettre qu’un lit, mais, rentrée à l’intérieur pour la première fois, je fus stupéfaite : il y avait une cuisine, une salle de bain ainsi que trois chambres ; ce soir-là, je ne dormis point car j’étais vraiment très excitée. Le lendemain, nous partîmes avec mon frère, mes parents et Mr Finnegan explorer Z-459. A quinze minutes du campement, il y avait un très grand lac : à ma grande surprise, l’eau était violette et cela m’amusait beaucoup. Juste à côté se trouvait un petit buisson portant des fruits qui ressemblaient fortement à des fraises, je goûtais et c’était succulent, très frais et bien sucré. Les arbres faisaient au moins cent trente-cinq mètres de haut, beaucoup d’animaux différents de ceux vivant sur Terre se promenaient en toute tranquillité, la nature était extraordinaire, surprenante, tout paraissait gigantesque, paisible : j’appréciais de plus en plus ma nouvelle maison…

 

 

FIN

 

 

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PARADIS BLEU

 

 

Une histoire de Camille Cokelaer

 

 

 

“Suite à un réchauffement planétaire, la Terre a été submergée petit à petit par les eaux… En l’année 3009, l’Agence Spatiale Mondiale (A. S. M.) a décidé de m’envoyer en mission à la recherche d’une nouvelle planète habitable…

 

          Je suis arrivée dans le système Véga deux ans après mon décollage de la planète Terre. J’y ai observé plusieurs astres et j’ai décidé d’explorer une grande planète, bleue d’un côté et blanche de l’autre. J’étais époustouflée par ce que j’observais. J’ai amerri dans un lagon d’eau bleu turquoise où des petits êtres vivants à nageoires mangeaient une sorte d’herbe multicolore. Je leur donnais le nom de “multicoloriens à nageoires”. Il y avait plein de sortes de fleurs qui ressemblaient à des anthuriums, des hibiscus, du jasmin… Je sortis de l’eau et posai mes pieds sur une surface orange à texture sablonneuse. Je m’y sentais magnifiquement bien, il faisait chaud et beau, tout était parfait. De l’autre côté du sable, il y avait une forêt d’arbres voyageurs où poussaient de magnifiques baies roses qui pouvaient nourrir tout un régiment, je m’allongeai contre un de ces arbres et m’endormis.

 

          Le lendemain matin, je continuai mon voyage à travers cette planète que j’avais surnommée “paradis bleu”. Plus j’avançais, plus le climat se rafraîchissait. Je me trouvais à la frontière de deux climats, de l’autre côté de la forêt, au centre de cette frontière se trouvait un arbre que je surnommais “neige d’été”, c’était sûrement le protecteur de cette planète, c’était splendide avec des fruits rouges, bleu turquoise, vert pomme d’une beauté exceptionnelle et succulents ! Mais malgré tout ces magnifiques paysages et cette belle végétation, il faisait très froid de l’autre côté de la frontière. Bien que le climat soit extrême, il y avait tout de même de belles étendues cultivables. Avant mon départ, je vis un magnifique arc-en-ciel qui m’émerveilla. J’étais comblée. Malheureusement, il était temps de repartir de “Paradis bleu” et de faire mon rapport pour l’A. S. M...

 

 

FIN

 

 

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UNE MAUDITE NUIT D'ORAGE

 

 

Une nouvelle de Amelya ABAR, Camille CAMPION, Louise DOLE, Noémie DURIEZ et Anaïs POCHET  

 

 

 

        Les cours venaient de se terminer! J’étais prêt à partir lorsque Monsieur Seauroude, un surveillant, m’attrapa le bras en me regardant avec de gros yeux. Il me dit : « n’oublie pas mon petit, que tu es en retenue ce soir !». Je le regardai d’un air contrarié…j'avais complètement oublié ce détail, et en soufflant d'agacement je le suivis dans la salle de technologie. Après avoir passé une heure et demie en retenue, je me dis : «Enfin libre!» mais pas tout à fait. Un orage éclata, je sursautai. Monsieur Seauroude, ne voulant pas que je sorte dans la tempête, me dit d’attendre dans le bâtiment. Je m’apprêtai à appeler ma mère avec le téléphone fixe quand les plombs sautèrent, bref… je ne voyais plus rien ! J’entendis une porte claquer près de moi ! C’était le surveillant qui s’enfouillait ! Je sentis mes larmes couler toutes seules. 

 

        Surpris, par un bruit étrange, je regardai derrière moi, c’était un vieil ordinateur qui venait de s’allumer, je n'étais pas très rassuré. Je m’approchais de cet appareil en regardant le mot affiché sur l’écran…C’était un décompte qui venait de démarrer. Affolé et sans vraiment savoir pourquoi, j’allumai tous les ordinateurs de la salle, tous affichèrent le décompte. Soudain, je crus entendre des cris, des cris sourds et très forts à répétition, je voulus passer par la fenêtre pour m’enfuir mais un bras retint mon pied, je me retournai et regardai derrière moi, c’était un long  bras noir et crochu qui sortait d'un côté de l'écran de l’ordinateur. Je criai, pleurai en voulant m’enfuir j'étais complètement paniqué et horrifié. Je bougeais dans tous les sens en donnant des coups au hasard et en m'accrochant en même temps à tout ce que je trouvais. Un autre bras sortit et m’attrapa. Sur l’écran du monstre-ordinateur un visage s’afficha. Je me dis «on dirait le visage du surveillant». C’était incompréhensible, pourquoi lui ? Et surtout comment un ordinateur pouvait-il prendre vie et bouger ? L'orage continuait de gronder. L’ordinateur m’enleva de la fenêtre malgré mes efforts pour y rester et m’emmena dans une autre salle. Je le regardai en diagonale et je vis ses 2 jambes.

 

            J'essayai de lui faire lâcher son emprise sur moi sans grand succès, mes coups étaient  complètement faibles à cause  de la peur qui m'envahissait petit à petit. Le monstre me jeta au sol et grâce à son inattention, je pus me faufiler entre ses jambes qui étaient le seul obstacle entre moi et la porte grande ouverte. J’accélérai en sentant l'adrénaline parcourir mon corps, mon seul but était de pouvoir échapper à cette chose  effrayante et....inhumaine ! Malheureusement, un bras qui venait de saisir ma cheville me sortit de mes pensées .L'horreur ....il avait allongé son bras et me faisait glisser jusqu'à lui, heureusement pour moi une bonne distance nous séparait, je pris le premier objet qui passait sous ma main et lui envoyai de toutes mes forces une poubelle dans ce qui semblait être sa «tête» .Gagné ! Il était légèrement sonné, je me dégageai de son bras et courus  jusqu'à la porte des escaliers.

 

            J'avais le cœur qui battait à cent à l'heure et mes jambes ne me portaient presque plus. Je voyais flou et dérapai dans l’escalier, ma tête heurta les marches  tellement fort que j'en perdis connaissance. […] Je me réveillai et constatai avec effroi que j'étais ligoté à une chaise, ma tête tournait et me faisait horriblement mal, j'avais du sang séché sur mon tee-shirt, pendant combien de temps avais-je été inconscient ? J’eus ma réponse en apercevant le ciel qui était plus clair qu’avant ; il devait être cinq heures du matin au maximum.

J'entendais les bruits que le monstre provoquait sans savoir où il était exactement… En regardant autour de moi, je vis les ordinateurs affichant le décompte mais contrairement à tout à l’heure, ils affichaient « 0:30 » et non « 10:00 »et ils étaient enclenchés. Etait-ce ma tête qui me jouait des tours ? Quand tout à coup je vis une forme fantomatique ressemblant au monstre passer devant moi. Petit à petit, la créature prit forme humaine! Je tremblais comme une feuille! Ma gorge était sèche, mais que se passait-il?!
J’étais resté paralysé au moins une minute! Quand soudain, je reconnus un visage qui me semblait familier ... je criai d'horreur! C’était le visage de Monsieur Seauroude ! Après quelques minutes, il me dit de me taire et me promis de tout m'expliquer! Ma tête, qui me faisait extrêmement mal, s'arrêta brusquement de tourner et je me fis attentif.

 

             Monsieur Seauroude m’expliqua que, plus jeune, il avait été élève dans cet établissement. Alors qu’il faisait un devoir de français sur un ordinateur, il avait produit malencontreusement un virus informatique puis l’ordinateur l’avait aspiré! Depuis, chaque soir d'orage, afin d’échapper au virus, il devait kidnapper un enfant et le livrer à l’ordinateur… Il avait fallu que ça tombe sur moi!
Je pensai que c'était une blague, mais Monsieur Seauroude avait l'air très sérieux. Je n’eus pas le temps de m’appesantir sur ce qu’il disait car il me demanda de fermer les yeux et  de compter jusqu'à 10. Surpris, j'exécutai ses ordres… Quand je rouvris les yeux, je me trouvais dans ma chambre où tout avait l'air normal. Mais que s'était-il réellement passé?                                                                                

 

             Le lendemain, Monsieur Seauroude fut retrouvé mort dans la salle de technologie près d’une flaque de sang. Les médecins qui examinèrent son corps prétendirent qu’il s’était ouvert les veines parce qu’il se droguait. Depuis lors, moi, l’élève bizarre et chétif à qui on ne parlait jamais, moi, le dernier à avoir vu Monsieur Seauroude, je fus évité plus que jamais. Mes camarades avaient-ils raison de me haïr ou m’étais-je simplement imaginé cette maudite nuit d’orage…?

 

FIN

 

 

 

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MYSTERE AU CDI

 

 

Une nouvelle de LisonBouillet, Pauline Hegay, Chloé Perimony, Honorine Popieul & Jeanne Vanesse

 

 

          

             Damien est un élève de ma classe qui est souvent exclu, peut-être à cause de ses mauvaises notes, de sa timidité, de sa grande taille et de sa maladresse. Et moi je suis le délégué de la classe et on m’a demandé de veiller sur son bien-être. Malheureusement, comme il a très peu d’amis, il passe le plus clair de son temps au CDI sur un ordinateur abandonné qu’il est le seul à utiliser.

Après le dernier cours de l’après-midi, je décide d’aller lui parler pour qu’il se sente moins seul. Je me dirige vers les escaliers du CDI. J’ouvre la porte et je vois encore une fois Damien sur ce mystérieux ordinateur.

 

            J’ai l’impression qu’il lui parle…Un orage gronde depuis la fin de journée, quand soudain un éclair m’éblouit et provoque une coupure d’électricité. Je me frotte les yeux et je vois Damien partir en courant. Mystérieusement, l’appareil est toujours allumé malgré la panne.

 

            Le lendemain, dans la salle de technologie, Damien participe, donne les bonnes réponses et parle aux élèves de la classe. Il discute sans problème, sa timidité s’est envolée. En l’écoutant, je trouve que sa voix a changé. Elle me fait penser à celle d’un robot. Tout à coup, les ordinateurs s’éteignent. Nous sommes surpris. L’alarme se déclenche et ne s’arrête pas. Des lumières clignotent. Tous mes camarades sont pris de peur. Ils courent dans tous les sens sauf Damien. Mes doutes s’amplifient. Je le trouve suspect depuis l’orage. Il a l’air trop calme, trop intelligent, que se passe-t-il ?

 

            Et si Damien n’était plus lui ? Si cette nuit-là, il n’y avait pas eu seulement un orage et une coupure de courant, mais que l’ordinateur avait pris le corps de Damien et enfermé son âme ? Cela expliquerait son attitude étrange, sa voix et ses connaissances : un ordinateur sait tout. Il ne me reste plus qu’une chose à faire : anéantir cet ordinateur en espérant qu’il lui rende son corps et son âme. Après les cours, je pars discrètement vers le CDI, le compas du professeur de maths à la main. J’arrive devant le mystérieux ordinateur et grâce à la pointe du compas, je le détruis avec beaucoup de rage et d’anxiété. Je repars ensuite en espérant avoir détruit cet ordinateur de malheur !

 

            Une sonnerie retentit, je sursaute. Je m’aperçois que je suis allongé sur mon lit une BD près de moi. C’est mercredi après-midi, je m’étais assoupi. C’est avec soulagement que je prends conscience que ce cauchemar n’est pas réel.

 

            Le lendemain matin, de retour au collège, je cours au CDI pour me rassurer de ce mauvais rêve qui m’obsède malgré tout.  L’ordinateur est éteint, tout est normal. Rassuré je ferme la porte et descends les marches du perron.

 

            Et, dans la pénombre, l’ordinateur se rallume, difficilement, avec un grésillement inquiétant…

 

 

FIN

 

 

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HALLO CAMBRIDGE!

 

 

Une nouvelle de Suzanne Delcourt, Sarah Dessery, Raphaël Drouvin, Maxime Lelong & Maxence Poulain

 

 

             Je me souviens, ce jour-là nous étions allés dans la forêt avec mon professeur de sciences, mes camarades et moi, pour une sortie pédagogique. Nous avions observé les animaux de la forêt qui se promenaient dans cette neige épaisse aussi blanche qu’une feuille de papier. J’aimais son bruit qui craquait sous le poids de mes souliers. Mais malheureusement nous avions été obligés de rentrer à l’internat de la prestigieuse école de Cambridge car une tempête de neige se préparait.

 

            Quand nous étions arrivés, le dîner avait été servi. Nous avions mangé de la dinde aux marrons accompagnée de pommes-de-terre. Ce repas avait été un vrai délice comparé à ce que l’on nous servait habituellement ce qui, sur le moment, m’avait paru bizarre.

 

            C’était l’heure d’aller se coucher. Mes amis et moi n’étions pas fatigués, nous décidâmes de nous rendre au grenier dont l’accès nous est normalement défendu, pour y passer une nuit blanche. Nous partîmes dans nos délires de gamins et nous fouillâmes l’endroit. J’y trouvai un objet qui me sembla suspect.

 

             C’était une malle qui m’avait l’air assez vieille. Je la regardai d’un peu plus près. Nous entendîmes des bruits de pas qui approchaient, nous prîmes peur. Je me cachai dans la malle et n’aperçus pas où étaient cachés les autres. D’après ce que j’entendais, mes camarades se firent prendre par un surveillant. Je sentis une chose étrange qui était dans mon dos. Quand je sortis de la malle, la chose émis une faible lumière blafarde. Je reconnus un très vieil ordinateur, je le sortis et l’installai sur la malle. Le noir et blanc de l’écran devint ténébreux et j’entendis comme le bruit d’une radio qui se crypte. Je pianotais sur celui-ci pour savoir s’il fonctionnait correctement et d’un seul coup le bruit sourd s’arrêta pour laisser place à la voix grave d’un allemand.

           

            On aurait dit qu’il donnait un ordre à un commando russe, j’essayais de décrypter ce message. Je ressortis de ma mémoire, mes cours d’allemand et je me traduisais ce qu’il marmonnait et c’est sous le choc que je compris que c’était un nazi. Il devait activer un programme dont je crus entendre qu’il s’agissait de liquidation de jeunes anglais qui seraient les futurs têtes du collège. J’entendis d’un seul coup un bruit de craquement, je ne sus pas d’où cela venait, peut-être de la porte, du plancher ou encore de la fenêtre à cause du froid…

Je me cachai derrière le vieux canapé. Je pris un moment de réflexion, je me demandai si je n’étais pas le prochain de ces anglais. J’étais en état de choc, j’étais cloué sur place. J’avais l’impression que des milliers d’araignées me parcouraient le corps. Je compris que l’ordinateur avait remarqué ma présence.

 

            J’eus un moment de folie. Je ne pouvais plus supporter ce stress intense. Je pris l’ordinateur dans mes bras et le jetai par la fenêtre, quelqu’un m’entendit et à mon tour je sautai moi aussi par la fenêtre pour ne pas me faire attraper.

 

            Le bruit de la vitre qui se brisa me rappela le bruit du vieux miroir poussiéreux dans le grenier que l’un de mes amis avait fait tomber, quand ils s’étaient fait ramener pour se faire renvoyer. C’est ce qui m’attendait si j’étais resté là. Je me pris une grosse branche au milieu du ventre ce qui ralentit ma chute puis je tombai dans un gros tas de neige épaisse qui me sauva la vie. J’étais entre la terreur et la détresse. Je laissai tomber ma tête sur le côté et par chance j’aperçus l’ordinateur qui était en mille morceaux. Je me sentis libéré de son emprise. Je me relevai plein de frissons et de douleurs, le coup de branche m’avait été fatal. Je ne savais que faire, je regardais du côté du collège, en me disant que si j’y retournais je ne serais plus jamais accepté dans une grande école, puis du côté de la forêt, en me disant que j’avais peut-être une chance de fuir et de survivre à la tempête qui était de plus en plus froide. Quel avenir était le mieux? Tout d’un coup, comme si le destin avait choisi pour moi, je tombai dans les pommes.

           

             Je me réveillai dans la salle d’attente de l’accueil du collège. Il faisait jour, il n’y avait encore aucun bruit il devait être tôt. J’avais une couverture qui tenait bien chaud et j’étais allongé sur les trois chaises qui se trouvaient d’habitude dans la salle. Et il y avait posé sur moi une enveloppe avec le logo de l’école, en la voyant j’eus un mauvais pressentiment, je n’osais pas y toucher. Je me redressai sur la chaise centrale et fixais l’enveloppe pendant un certain moment.

 

            J’entendis des bruits de pas dans le couloir, je me levai et entrouvris la porte c’était une secrétaire de l’accueil, elle ne m’avait point remarqué. Je jetai un coup d’œil sur la pendule, il était six heures zéro sept. Je m’assis à côté de l’enveloppe et me décidai enfin, elle sentait l’encre à plein nez. Elle était signée du directeur, ce qui en général était mauvais signe, il y avait deux document. Le premier était écrit d’une écriture trop petite et j’étais encore fatigué je regardais donc d’abord le deuxième. C’était une facture pour le miroir, la fenêtre et l’ordinateur. J’étais d’accord pour la fenêtre et pour le miroir mais pour l’ordinateur c’était remuer le couteau dans la plaie. Le premier lui était pourtant plus inquiétant, ce que je craignais était là sans surprise, je pouvais faire une croix sur mon avenir dans les grandes écoles, mes parents allaient me décapiter c’était certain. J’étais renvoyé, quelle humiliation. Une secrétaire entra et me prévint que mes parents étaient arrivés. J’étais en larmes. Et au moment où je m’apprêtais à les rejoindre j’entendis du côté du bureau directeur une voix qui disait :« Ne vous inquiétez pas je veillerai sur lui. »

 

            C’était la voix du nazi. Pourtant quand je passai devant le bureau du directeur, il n’y avait que lui et son ordinateur… Il allait donc me poursuivre toute ma vie ?

 

 

 

FIN

 

 

 

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LA PRINCESSE DE L'ORCHESTRE

 

 

Elysa Wiart, élève de 5A, vient de se distinguer dans un concours de nouvelles organisé par la ville de Phalempin, concours ouvert à tous.

Sans nul doute très inspirée par le thème "Conte de Fées moderne", Elysa a été récompensée par le "prix adolescent" de ce concours, auquel participaient des jeunes de tous horizons et de tous pays, grâce à sa nouvelle "Princesse d’orchestre".

Nous sommes très heureux de son succès et l'en félicitons vivement.

 

 

Il était une fois, une jeune fille maladroite enfin... Extrêmement maladroite devrais-je dire !

Elle était malgré tout considérée comme une princesse car elle était la fille bien aimée d'un personnage puissant de cette ville : le chef de l'Orchestre symphonique. En effet, dans cette petite ville de Province, tout était rythmé par de la Musique, que ce soient les naissances, les mariages,

les élections et j'en passe !

Au grand désespoir de ce grand Homme, sa fille adorée jouait bien mal du violon et était atteinte depuis sa naissance d'une maladresse pathologique qui faisait de sa vie un véritable enfer .

Rien ne résistait à son passage ! les objets tombaient , les lapsus et autres gaucheries s'enchaînaient ... Cependant, son coeur généreux , sa tendresse innée faisait d'elle un être délicieux fort apprécié par la communauté des musiciens.

La toute première fois qu'elle prit place au pupitre, elle adressa un large sourire à sa voisine en lançant :

-" Bonjour, malheureuse de te connaître !"

Cette dernière très surprise par cette première approche se demanda qui était cette étrange jeune fille mais très vite une sincère et belle amitié naquit , faisant d' elles un duo indissociable .

Notre princesse n'aimait guère la Musique mais était contrainte depuis sa naissance de s'user les doigts sur les cordes de son instrument . Ce qu'elle aimait elle, c'était le dessin, ça, c'était son truc, son don, sa passion .....D'ailleurs il y a avait foule lorsqu'elle prenait ses crayons, tout le monde voulait son chef d'oeuvre !

-" Il est impensable que ma fille ne puisse jouer dans mon Orchestre" s'obstinait à répondre le puissant chef lorsque sa fille le suppliait d'arrêter le violon..

Sentant bien que ses demandes resteraient vaines, elle décida alors de ne faire aucun effort pour travailler ses partitions qu'elle perdait d'ailleurs chaque jour ! Sans effort et les jours passant, elle était toujours une aussi mauvaise violoniste tandis que sa maladresse ne cessait de croître .

-" Si je reste ainsi, jamais je ne trouverai le prince charmant ! Qui voudra de moi ? Je ne sais rien faire qui ne vire à la catastrophe !!!!" Soupirait chaque soir notre princesse en regardant toutes les séries romantiques qui foisonnent sur la mémoire interne de son i-pad!

Car romantique, ça , elle l'était .... Elle ne pouvait s'empêcher à chaque claquement de porte de la salle de répétitions d'imaginer qu'il s'agissait de son âme soeur, venant la chercher et la sauver de là afin de l'épouser sans délai .... Malheureusement à chaque claquement de porte elle devait se rendre

à l évidence, le vent n'en était que l'unique cause :

-" Il faut que je me raisonne, les contes de fée, n'existent pas, les contes de fée n'existent pas, les

contes....." se répétait -elle sans cesse.

Pourtant, un jour de juin, le chef annonça qu'un nouvel élément allait intégrer l'Orchestre. Personne ne prit garde à cette annonce , personne sauf notre princesse maladroite qui n'aimait pas les nouveautés : se faire accepter telle qu'elle est par un nouveau musicien était au-dessus de ses forces, non, c'est décidé, cette fois elle n'irait pas à sa rencontre, cette fois elle resterait dans son coin, seule avec son amie de pupitre. Perdue dans ses pensées et contrariée à l'idée de devoir changer ses habitudes, elle ne remarqua même pas que l'Orchestre s'était mis à jouer depuis quelques mesures, c'est un coup d' archet amical qu'elle reçut dans l'estomac qui lui fit reprendre pied dans la réalité, décidément et sans mauvais jeu de mots " toujours un temps de retard !!!" Lui fit remarquer sa voisine avec un clin d'oeil appuyé...

La semaine suivante, alors que la jeune fille n'y pensait même plus, un jeune violoncelliste fit donc son entrée, immédiatement elle ne put s'empêcher de remarquer ses beaux yeux noisettes , ses cheveux bouclés de jais qui encadraient sa peau d'une magnifique pâleur ... Ce garçon était si renversant que tout autour de la jeune princesse se renversa d'ailleurs !

Plutôt grand et mince, il était habillé idéalement, un mélange d'élégance et de décontracté.

La jeune fille fut d'abord surprise par l'intérêt soudain qu'elle portait à cet inconnu, c'était, pour elle, tout à fait inhabituel et déconcertant. Au fond d'elle, elle savait qu'il se passait quelque chose d'étrange mais de là à savoir quoi ... " bonjour ! Je suis ravie de te rencontrer" bredouilla la jeune fille, mettant toute son énergie à se concentrer pour ne pas, cette fois, commettre de maladresses .

Cependant il n'eut pas le temps de répondre qu'elle fit tomber ses partitions ainsi que la centaine de pupitres qui s'écroula tels des dominos. Honteuse, elle retourna s'assoir et n'osa plus l'approcher des jours durant.

-" Je suis une véritable catastrophe ambulante, j'en ai assez, il faut que cela change !" Murmura telle.

C'est décidé, il fallait qu'elle prenne sa vie en main... Et vite ! Alors elle se mit à chercher sur son moteur de recherche un remède miracle qui pourrait enfin lui permettre d'être normale, adroite quoi !! mais rien !

Découragée et sur le point d'éteindre son ordinateur , elle se ravisa quand une banderole publicitaire attira son attention, hésitante, elle cliqua sur le lien qui l'amena sur un site de " ventes privées très spéciales " et mis dans son panier une potion qui lui parut idéale, elle était si impatiente qu'elle

choisit de se faire livrer grâce à la formule drone , c est à dire livré en moins d'une heure ...

Lorsque la sonnette retentit , la jeune fille ne put s'empêcher de regarder sa montre et constatât que la promesse était tenue, moins de quarante cinq minutes s'étaient écoulées depuis sa commande !

Elle courut ouvrir la porte et se saisit de la fameuse potion miracle, scruta la glace qui reflétait son image mais rien ne se passa ...rien de rien !

-" Je m'en doutais, pourquoi suis-je si naïve !! Je savais bien qu'une telle potion ne pouvait exister !

Quel gâchis !!!" Pesta t-elle

De colère, elle jeta ses crayons, ses plus beaux tableaux sur le sol et même son violon pourtant si précieux aux yeux de son père.

Quelques minutes plus tard, calmée mais surtout inquiète de savoir si l'instrument n'était pas cassé par sa mauvaise humeur elle prit le violon pour vérifier que tout allait bien. À peine eût-elle frotté son archet sur les cordes qu'elle fut ébahie par le son qui sortait des ouîes, quelle merveille !!! Pour

la première fois de son existence une véritable musicalité l'envahissait, un son envoûtant et puissant qui étonnait chaque jour un peu plus les musiciens de l'Orchestre. Plus les jours passaient, plus elle prenait confiance en elle, et ce faisant, chaque jour qui passait faisait d'elle une jeune fille de plus

en plus jolie, prenant de l'assurance, elle se décida enfin à aborder le jeune violoncelliste.

Malheureusement, malgré tous ses innombrables efforts celui-ci paraissait désintéressé, ne se tournant pas une seule fois vers elle ...

Notre princesse des temps modernes sentait bien que quelque chose clochait, avant, elle l'avait souvent surpris à lui sourire lorsqu'elle ramassait précipitamment ses papiers, ou lorsqu'elle s'excusait de bousculer les uns et les autres ?

- " Je n'y comprends rien ! Je suis moins maladroite , je joue bien mieux du violon et pas un seul regard ?"

Soucieuse et prétextant une forte migraine, elle repartit chez elle et n'en sortit plus pendant près d'un mois..... Déprimée, rêveuse, souvent triste, personne ne savait comment apporter du réconfort à la princesse qui de jour en jour perdait toute envie.

Un beau matin elle trouva un mot posé sur la table ou était écrit " potion pour être heureuse, bois moi"

-" Tiens tiens .... J'ai déjà lu ça quelque part !!!!! Manquerait plus que je rapetisse maintenant !!! Tu parles d'une arnaque encore ... " pensa t-elle mais son esprit romanesque la poussa à avaler le contenu de la fiole tout d'une traite ...

Quand la solution entra en contact avec sa langue, un léger fourmillement lui parcourut le corps, sa vision se brouilla sensiblement et un petit bourdonnement l'envahit jusqu'au centre de son cerveau si bien qu'elle s'évanouit. Lorsqu'elle reprit connaissance, elle voulut se mettre debout mais elle se

rendit bien vite compte que ses talons ne la portaient plus, exténuée par ses effets incompréhensibles elle décida de se coucher et s'endormit en un clin d'oeil...

Depuis longtemps elle ne s'était pas sentie aussi bien, elle fit des rêves de maladresse, des rêves de rire, des rêves où elle était redevenue celle qu'elle était , imparfaite, gauche mais heureuse finalement ....

Une sonnerie atroce la tira de son sommeil , évidement son portable n'était pas éteint, elle tâtonna pour l'attraper et qu'elle ne fut pas sa surprise quand un message d'un destinataire inconnu s'afficha

-" Je suis le nouveau violoncelliste, ton amie m'a donné ton numéro , je voulais juste prendre de tes

nouvelles, nous sommes tous inquiets de ne plus te voir à l'Orchestre"

A la lecture de ce sms, son coeur bondit hors de sa poitrine , cette potion fonctionnerait-elle ??

Elle décida de relire ce texto, et de le relire et de le re-relire enfin jusqu'à ce qu'elle puisse le réciter par coeur. Puis en prenant son courage à deux mains, elle décida de composer le numéro de son âme soeur, car cette fois elle en était sûre , c'était lui !

Les cinq sonneries lui semblèrent interminables... Quand soudain une voix qui lui semblait familière décrocha

-" Allo ? Allo ?? Qui est à l'appareil ?"

-" je..... Je......c'est.... Enfin tu vois....je " bredouilla t-elle

-" Ahhhh ??? C'est toi ? Tu as eu mon texto? Quel plaisir de t'entendre.... Tu sais ici sans toi ce n'est plus pareil, tout l'Orchestre était très inquiet"

Ne se sentant plus ou plutôt se sentant aussi légère qu'une plume elle ne poursuivit plus sa conversation car elle avait maladroitement raccroché mais qu'importe....elle enfila ses plus belles baskets, dois-je préciser qu'elle n'était pas de la même couleur ??? Et courut jusqu'à la salle de

répétition, le violon sur le dos, elle gravit les escaliers avec une envie folle de voir son beau violoncelliste. Âpres avoir ouvert la porte qui lui rebondit sur le nez, elle se dirigea vers sa chaise restée vide depuis un certain temps.... Bien-sûr sur son passage, les pupitres volèrent à nouveau, les partitions se mélangèrent mais tout le monde était ravi de retrouver la jeune fille .... Son père aussi, ne put s'empêcher de remarquer son petit manège car il faut dire qu'elle regardait anormalement les pupitres des violoncelles plutôt que le chef lui-même !!

A la pause, alors qu'elle trébucha sur un de ses lacets défaits elle sentit des bras solides la retenir, elle releva son menton et vit de beaux yeux bruns plonger dans les siens ....

Elle crut bien mourir d'angoisse mais très vite, sa voix douce lui murmura qu'elle lui avait manqué et qu'il était ravi de la retrouver aussi maladroite qu'à leur toute première rencontre

-" Pourquoi as-tu donc voulu changer ?" Lui demanda t-il

-" je voulais être parfaite, pour te plaire..." Avoua t-elle

-" Mais à mes yeux, tu es parfaite, tu sais j'adore ce que tu es, j'adore tes maladresses"

 

A ces mots, elle ne put s'empêcher de sourire et comme par surprise elle sentit un doux baiser se poser sur ses lèvres ....

 

A ce stade de histoire , on pourrait être tenté de croire que la potion pour être heureuse a fonctionné seulement elle apprendra quelques jours plus tard que cette fiole déposée par sa mère sur la table de cuisine ne contenait que de l'eau....

Le bonheur se déciderait-il donc ???

 

Puisqu'il s'agit d'un conte de fées alors formule oblige : notre princesse et son âme soeur se pacsèrent en attendant d'avoir beaucoup d'enfants ....

 

 

Fin.