Teenager sleep on the Books

Morphée, menacé par nos écrans!

Mireille Broussous

Les écrans impactent le sommeil des enfants dès l’école primaire et le phénomène s’amplifie au collège. C’est ce que confirme une enquête réalisée par des élèves de 1ère du lycée Jeanne d’Arc de Colombes (92).

                                                                                                              

 

"C’est chaud !", se sont exclamés les élèves de 1ère STMG du lycée Jeanne d’Arc de Colombes au vu des premiers résultats de l’enquête qu’ils mènent sur "l’impact des écrans sur le sommeil". Les jeunes ont interrogé six cent élèves de leur établissement du CE2 à la 4ème. Ce qui les a le plus surpris, c’est le nombre d’enfants disposant d’une télévision dans leur chambre : quasiment un tiers ! Ils sont moins choqués, en revanche, par le fait que seulement 35% des parents de 4ème surveillent l’heure à laquelle leur enfant se couche. "Ils sont autonomes, c’est normal", estiment les lycéens.

 

L’enquête a été réalisée à la demande de Sylvie Chassang et Michel Boissin, chefs d’établissement du 2nd et du 1er degré dans le cadre d’une sensibilisation au manque de sommeil. "Ce qui frappe, c’est que des enfants de plus en plus jeunes sont équipés de téléphones", observe Eric Andrade, formateur spécialisé dans l’éducation à l’usage des outils numériques, qui encadre le bon déroulement de l’enquête avec Alexandra Audibert, professeur de management. Ainsi, 22% des élèves de CE2 disposent déjà d’un téléphone portable, le plus souvent un smartphone. On passe à 28% chez les CM1-CM2 puis à 82% au collège chez les 6èmes-4èmes. Ils peuvent donc très tôt jouer sur leur smartphone ou s’inscrire sur les réseaux sociaux, ce qu’ils ne manquent pas de faire massivement dès le CM2 ou la 6ème. "Ceci impacte directement leur sommeil", affirme Eric Andrade. 80% des collégiens regardent leur écran une fois la lumière éteinte. 30% gardent leur portable allumé toute la nuit et peuvent donc être dérangés en plein sommeil.

 

Irritabilité et somnolence

 

Comme l’indique la psychiatre Sylvie Royant-Parola, présidente du réseau Morphée, rester connecté la nuit à son groupe d’amis devient la norme. Du coup, entre devoirs et réseaux sociaux, le temps de sommeil des enfants et des adolescents diminue. L’enquête de l’Institution Jeanne d’Arc montre que 57% des collégiens de la 6ème à la 4ème s’endorment après 22h 00 et 20% après 23h 00… Impossible dès lors de respecter le temps de sommeil recommandé par les médecins : 10 à 11 heures en primaire, 9 à 10 heures au collège et 8 heures au lycée. Bonjour les réveils difficiles !

Les collégiens et lycéens (55% dorment moins de 8 heures et 31% moins de 7 heures) sont, bien sûr, les premiers à voir l’impact du déficit de sommeil sur leur vie : baisse de performance scolaire, irritabilité, somnolence durant les cours. Il n’empêche, pour eux, le fait de rester connecté le soir à leur réseau est plus important.

 

Comment les adultes peuvent-ils faire face à cette tendance qui concerne désormais une majorité d’enfants et d’adolescents ? Les professeurs principaux, les enseignants de S. V. T. attirent régulièrement l’attention des élèves sur l’importance de préserver leur sommeil (…).

Le but est de faire réfléchir les élèves mais le rôle déterminant revient aux parents. "Ils sont les garants du sommeil de leurs enfants. C’est à eux de les aider à trouver un équilibre" insiste Eric Andrade. Avant tout, ils ne doivent pas considérer le sommeil de leurs enfants et adolescents comme une simple variable d’ajustement au sein d’emplois du temps par ailleurs très chargés.

 

D’après "Enseignement Catholique Actualités"

n° 371 – février-mars 2016